Rémunération du conseiller

Mettons-nous trop d'emphase sur la rémunération du représentant de courtier en épargne collective ?

 Il est fort compréhensible que tous aient le désir de payer le moins cher possible et d’obtenir le plus possible en retour. Qu’il soit question de placements, de fiscalité, de soins thérapeutiques ou tout autre produit ou service, il y a deux éléments à considérer : le coût et la qualité du service.
 

Quelle est donc la différence entre un conseiller oeuvrant pour une institution financière et celui qui est à son compte ? La réponse que vous donnera, inévitablement, votre institution financière, sera celle-ci : l'un est payé à commission, l'autre à salaire.
 

Toutefois, la vraie réponse devrait être celle-ci : Il n'y a aucune différence au niveau du coût. Dans les deux cas, la paye du conseiller provient des frais de gestion prélevés sur vos fonds communs de placements ! Dans un cas, la paye est, tout simplement, variable et dans l'autre, fixée en fonction des objectifs de ventes annuels. Ainsi, même s'il est payé à salaire, il pourra recevoir des bonis de fin d'année s'il atteint ou dépasse ses objectifs de ventes !
 

Ainsi, que vous achetiez le fonds RBC canadien de dividendes, le fonds TD Communication et divertissement ou tout autre fonds par l'entremise d'un conseiller indépendant ou directement via l'institution financière, vous obtiendrez exactement le même rendement. 


La meilleure question à se poser est donc celle-ci : à coûts égaux pourquoi ne pas rechercher celui qui vous en offre le plus ?

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Depuis le début de 2017, toutes les firmes de placements doivent maintenant vous indiquer dans votre relevé annuel, la part que vous avez payé au cours de l'année pour l'aspect conseil. 

À première vue, c'est bien. Malheureusement, je déplore cette initiative qui induit plus en erreur qu'autre chose.

1- Il s'agit de la portion de 1%, frais qui est identique pour la totalité des représentants en épargne collective, que ce dernier travaille à son compte ou pour une institutions financière quelconque.

2- Les autorités omettent de vous dire qu'une portion de ce frais sert à rémunérer la firme, la conformité ainsi que les taxes de ventes

3- Elles auraient dû, à mes yeux, présenter le tout comme au niveau des rendements, soit la rémunération moyenne annuelle. Là vous auriez obtenu l'heure juste et cela aurait été transparent !


Puis-je ajouter que  1% de 1 000$ ou de 10 000$, cela n'est déjà pas beaucoup pour celui qui passe 3 heures avec vous. Or, si on enlève en plus les frais administratifs, la conformité et les taxes de ventes, bien des conseillers ne recevront guère plus de 70% de ce 1%.  Ainsi, lorsque vous ouvrez un nouveau compte, qu'il s'agisse de REER, de CELI ou d'un REEE, dites-vous que même si vous investissez un 10 000$ la première année, votre conseiller ne recevra qu'au plus 70$. 

Ce n'est pas pour rien que nous disons régulièrement que l'abolition des commissions de suivi ne profitera qu'à une seule clientèle : soit ceux qui détiennent plus de 100 000$ d'actifs. 


Pendant les 10 à 20 premières années, ou jusqu'à ce que vous atteignez votre premier 100 000$, la rémunération de votre conseiller est largement inférieur à TOUT AUTRE professionnel. 


Attirez l'attention du public sur la rémunération qu'il reçoit par la suite est mesquin et mensonger.


Pour l'investisseur moyen, qui investira  par exemple 3 500$/an le relevé qu'il recevra lorsqu'il aura atteint un actif de 200 000$, indiquera qu'il aura payé des frais de 2 000$.  Pourtant, dans la réalité le conseiller n'aura reçu, en moyenne, qu'une paie annuelle de 682$, soit l'équivalent d'un 500$/an indexé à l'inflation dans 27 ans !  Ne trouvez-vous pas que c'est très différent ?